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18.8.17

Épisode pilote : crash test pour le Poing de Fer.

Je précise direct que ceci sera, contrairement à l'habitude, non pas mon avis sur une œuvre en général, mais sur une partie de celle-ci. Voyez ça comme un simple billet d'humeur qui pourrait avoir été intitulé "Pourquoi je ne regarderai pas Iron Fist" mais ça aurait été putaclic.
En plus, au moment où j'écris et poste cet article, ceux sur Daredevil et Jessica Jones, bien que déjà écrits, ne sont pas publiés parce qu'ils attendant la Grande Vague (qui est en cours de constitution par votre serviteur).
Mais donc ouais, voilà, ce sera un genre de review perso sur Iron Fist épisode 1.



Alors pour commencer, je tiens à préciser ce que je dis déjà sur DD et JJ (et qui sera lisible plus tard), à savoir qu'à mon sens, l'ambition de Marvel concernant ses séries Netflix (qui n'est qu'un diffuseur et en aucun cas un producteur ou décisionnaire, même si aux USA la chaîne peut influer sur l'économie d'une série, en témoigne le tragique exemple de Firefly) est de reprendre les codes du film noir.
C'est évident sur Daredevil et Jessica Jones, un peu moins sur Luke Cage qui est davantage orientée Black Culture, street hip-hop, jazz et Harlem (le quartier historiquement noir de NY, je rappelle).
Mais globalement les mêmes enjeux reviennent d'une série à l'autre (sauf peut-être Jessica Jones qui a vraiment une focalisation, un point de vue, très personnelle sur Jessica, Kilgrave et Trish Walker) : criminalité rampante, police corrompue, faillite des pouvoirs publics face à un monde en perdition matérialisé par la Bataille de New York où une nouvelle humanité, les super-héros, s'est révélée publiquement et avec violence.
Parce que oui, la question des surhumains est un des enjeux des séries Marvel : comment gérer ces anonymes et ces justiciers solitaires ultra-puissants, de Luke Cage au Diable de Hell's Kitchen en passant par le Punisher qui est basiquement un arsenal militaire ambulant bien qu'il n'ait pas de pouvoir particulier ?

Vous dites ce que vous voulez sur la maladresse de ses intentions avec Rachel, quand il revient de Ninjaland, il se lave, il se rhabille, et il se pointe au conseil d'administration. Il se la joue pas "salut, je suis un hippie avec 51% des parts de votre société, j'peux voir mon associé ?"

Là-dessus vient se greffer Iron Fist qui, dès le résumé, annonce sa couleur surnaturelle.
Alors, pour ma part, quand j'ai lu le pitch - qui ne sert qu'à vendre la série puisque, formellement, une œuvre donnée, ici une série, commence avec la première minute du premier épisode, pas avec les présentations marketing - j'ai immédiatement pensé au Batman Begins de Christopher Nolan.
Tenez, un petit exercice intellectuel : je vais mettre le résumé Wikipédia d'Iron Fist et voir si on peut le modifier un peu.
  • "Le milliardaire disparu, Danny Rand, est de retour à New York, après quinze ans d'absence, pour reprendre l'entreprise familiale. Mais pour y parvenir, il devra affronter la corruption et le crime qui gangrène ses proches. Pour cela, il pourra compter sur sa connaissance des arts martiaux et sa capacité à utiliser le Poing d'acier, une technique étudiée auprès des moines de K'un L'un. Il aura dans son combat de précieuses alliées telles que Colleen Wing et Claire Temple."
  • "Le milliardaire disparu, Bruce Wayne, est de retour à Gotham City, après quelques années d'absence, pour reprendre l'entreprise familiale. Mais pour y parvenir, il devra affronter la corruption et le crime qui gangrène la police de Gotham. Pour cela, il pourra compter sur sa connaissance des arts ninja et sa capacité à utiliser les illusions, une technique étudiées auprès de la Confrérie des Ombres. Il aura dans son combat de précieux alliés telles que Rachel Dawes et Jim Gordon."
....ah bah oui, c'est pareil.

Blague à part, j'ai donc pensé au Batman Begins, et inconsciemment, ça a conditionné mon esprit avant le visionnage. Analysons l'épisode proprement dit.


On est à New York, à notre époque, et un type entre dans une importante entreprise du nom de Rand et demande à voir un important directeur. Étant donné son apparence, il est immédiatement mis à la porte : il est en effet hirsute et très barbu, se déplace pieds nus et ne porte qu'une humble tunique et un pantalon usé. Sauf que c'est Danny Rand, héritier du patron décédé, que l'on croyait mort depuis 15 ans avec ses parents dans un crash d'avion. On apprend peu après que l'ami et associé de son père est lui aussi mort, d'un cancer, 12 ans plus tôt.

Donc, Danny Rand se fait jeter, va essayer de repérer un peu New York et atterrit dans son ancienne maison, qui s'avère être celle de Joy, la femme qui co-dirige Rand Enterprises, puis il croise une jeune femme qui poste des annonces pour les cours d'arts martiaux qu'elle prodigue et se fait refouler en proposant de travailler pour elle sans préciser à quel poste alors qu'il vient de lui parler mandarin et japonais. Le lendemain matin, il retourne voir Joy avant qu'elle aille au boulot, manque de se faire rouler dessus par un taxi et l'évite avec un salto arrière bien propre, exécuté avec un naturel déconcertant. Il détale, Joy finit par raconter l'incident à l'autre connard dont on a appris qu'il était son frère, lequel insiste sur le fait que NON, l'inconnu n'est pas Danny Rand, Danny est mort depuis 15 ans, et c'est surtout quelqu'un qui essaie de déstabiliser l'entreprise alors qu'elle s'apprête à s'étendre en Chine.

Un peu plus tard, Danny Rand décide de harceler l'autre puissant qui pourrait le faire tej' à l'autre bout du monde, Ward Meachum, en le menaçant de foncer dans un mur à pleine vitesse avec sa bagnole et eux deux dedans, et en lui expliquant en gros que "depuis que je suis rentré, je ressens qu'hostilité et agressivité et ça me pèse."
Après avoir échoué à convaincre la jeune artiste martiale déjà croisée qu'il pouvait enseigner le kung fu pour elle, mais non sans avoir demandé à affronter le maître du Dojo, parce que, comme il dit, "c'est le protocole" (en tout cas dans l'Asie orientale au Moyen-Âge et dans le monde des Pokémon), Danny Rand est donc agressé par trois pignoufs de la sécurité de Rand Enterprises, vraisemblablement envoyés par Ward. Le super-crétin en devenir s'en débarrasse rapidement dans une parade du Nouvel An Chinois - enfin ça y ressemble - et on revient à Ward pour apprendre qu'en vrai, son père n'est pas mort. Il s'est fait passer pour mort depuis des années dans le plus grand secret, et il entend bien gérer avec subtilité le problème Danny Rand.

Scènes finales, Danny est à nouveau dans le bureau de Joy Meachum, elle lui offre du thé pour jouer la sympathie, ils discutent du passé, sauf que y'a de la merde dans le thé, il tombe dans les vappes et on le retrouve dans un genre d'hôpital, sanglé au lit.
Ah, et puis l'épisode est plein de flashbacks du crash de l'avion avec les Rand et des enfants que Danny, Ward et Joy étaient, à l'époque où la vie était encore belle et paisible.


Voilà pour le résumé, passons à l'analyse.
Déjà, j'ai plusieurs problèmes avec le personnage principal, qui peuvent être résumés en une phrase simple : il est con comme un manche. La série est sortie début 2017. Moins quinze ans, ça fait 2002.
Danny Rand a passé 15 ans totalement coupé du monde, sans jamais être informé d'aucune manière sur les évolutions techniques et sociétales, sur la société qu'il dirigerait si on le savait vivant, sur New York bref, sur RIEN DU TOUT. Alors que les autres séries, surtout Daredevil, la première, insistaient bien sur le fait que la Bataille de New York est encore dans tous les esprits, Danny Rand ignore totalement que sa ville natale a failli connaître l'apocalypse.
En plus, faut pas déconner, ON EST EN 2017 BORDEL. Faut arrêter les délires de sectes et de hippies, on peut parfaitement être bouddhiste ou avoir des croyances, disons, alternatives, en étant intégré à la société moderne, en ayant une certaine hygiène de vie et en portant des chaussures. Non parce que Rand là, il ressemble à Tom Hanks après son passage sur une île déserte dans Seul au monde !
Il ignore tout ce qui devrait être central dans la vie qu'il entend récupérer - sinon il se serait pas pointé dans l'entreprise mais aurait pris un petit appart' pour combattre le mal sans faire chier personne, façon Daredevil - et ça le présente juste comme un gros teubé beaucoup trop naïf, en particulier quand il fait une démonstration de ses pouvoirs comme ça, normal, en pleine rue, quand il aurait pu éviter un taxi juste en se jetant sur le côté - ou en ne se trouvant pas au milieu de la rue en premier lieu.

"OK, donne-moi ça femme, laisse les hommes gérer. Maintenant sois gentille, va refaire du café."

Mais attention, les autres persos sont tous aussi cons : Danny leur raconte des trucs de leur enfance qu'il devrait à priori être le seul à savoir, ils le croient pas. Joy dit plusieurs fois que l'inconnu hirsute ressemble à Danny - mais qu'est-ce que t'en sais connasse, il avait 10 ans la dernière fois que tu l'as vu, s'il est vivant et s'il a 25 ans, il a peut-être totalement changé physiquement, surtout après s'être crashé en avion.
Y'a le père Meachum qui est pas mort, il a la pire intro de personnage du monde, à peine arrivé je sais déjà que son fils va le buter pour prendre son indépendance de cette autorité oppressante, et en plus se faire passer pour mort alors qu'il contrôlait la société après la mort de son associé, ça n'a aucun putain de sens.
Le fils est pas mieux, à peine Danny se pointe, le mec essaie de le faire buter par les trois pires connards de l'univers alors que Marvel nous a présenté un univers décadent dans lequel n'importe qui peut se payer un tueur à gages mille fois plus précis et efficace.

Non mais il a vraiment cru que ça marcherait ? Fringué comme il est, avec sa barbe et tout ? Il a l'air exactement de ce qu'il est : un revenant qui débarque du milieu de l'Asie avec aucune connaissance sur les États-Unis à l'époque des Vengeurs et du nouveau SHIELD.

Ah, et puis autre chose de bien marrant aussi (non). L'épisode 1 de cette série que je regarderai pas baigne dans le sexisme ordinaire.
Quand Danny se pointe, botte le cul des agents de sécurité et arrive dans le bureau présidentiel, face à Ward et Joy, c'est le mec qui est fort, dur, viril, et menace de virer le nouveau venu manu militari. Et puis c'est la femme qui fait preuve de douceur et de gentillesse à l'égard de ce pauvre illuminé sans repères en lui apportant ce qu'il demandait, une réponse claire, à savoir que leur père est mort.
Plus tard, son frère lui dit que l'intrus essaie de jouer sur les émotions, mais visiblement ça marche mieux sur Joy que sur Ward, parce que tout du long elle se demande si c'est pas vraiment Danny Rand ressuscité pendant que son frère n'en démord pas, c'est impossible.
Et vers la fin, quand on apprend que le père n'est en fait pas mort, à aucun moment il n'est fait mention de la sœur : visiblement elle est pas dans la confidence et elle mérite pas de l'être. Même pas le vieux, qui semble avoir passé sa vie à pourrir son incapable de fils, ne songe à sa propre fille pour reprendre le flambeau.
Parce que oui, une femme, c'est doux, sensible, fragile émotionnellement, il faut pas la perturber avec des amis d'enfance revenus d'entre les morts ou des pères qui ne sont pas vraiment décédés, elle pourrait mal réagir... Alors juste pour l'anecdote, Jessica Jones est porté par trois personnages féminins dont un, celui de Jeri Hogarth, est un des personnages les plus froids et impitoyables que j'aie vu depuis très longtemps dans une série autre que Game of Thrones...

Qu'est-ce qu'ils t'ont fait, Faramir ? Retourne voir Eowyn, tu lui manques =_=

Et pour finir en beauté sur cette écriture de merde et ces scénaristes qu'il faudrait foutre en taule : la facilité scénaristique.
COMME PAR HASARD Danny Rand a réussi à franchir les frontières américaines et atteindre New York sans papiers, sans passeport, sans identité, sans argent, alors qu'il est officiellement mort depuis 15 ans, alors qu'il ressemble au mieux à un clochard qui mériterait pas la plus simple marque d'attention, au pire à un fou qu'il faudrait enfermer. COMME PAR HASARD ses deux amis d'enfance bossent dans la société dont leur père était associé, alors qu'ils auraient pu n'en avoir absolument rien à cirer - un levier narratif intéressant aurait d'ailleurs pu reposer sur le désintérêt de l'un, l'autre, ou les deux, à l'égard de cet héritage, genre COMME DANS INCEPTION L'UN DES MEILLEURS FILMS SUR L'HÉRITAGE INDUSTRIEL.
COMME PAR HASARD Joy habite dans la même maison où vivait Danny Rand et sa famille 15 ans plus tôt. COMME PAR HASARD les trois pignoufs arrivent à retrouver Danny Rand dans la plus grande métropole du monde.


BREF, voilà en gros pourquoi je regarderai pas Iron Fist. C'est de la merde mal écrite, mal pensée, les personnages sont demeurés, ça donne vraiment pas envie de voir la suite et devinez quoi, d'après ce que j'ai lu sur le marvelcinematicuniverse wikia le fils tue vraiment le père à un moment. A un moment pour que ce soit aussi prévisible faut que ce soit écrit avec le cul.
Alors vous savez quoi ? The Defenders est sur le point d'être intégralement disponible, y'a pas les résumés détaillés d'Iron Fist sur le wikia, j'm'en fous, je m'en passerai bien !

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