24.11.16

La guerre anthropocène : les chasseresses.

Voilà un nouvel extrait d'un roman auquel je ne m'attellerai pas avant un moment, puisque, je rappelle, en ce moment, je suis sur Les Mille-Griffes.
Et également à titre de rappel, La guerre anthropocène, c'est l'histoire des divinités grecques qui font un come-back fracassant dans le monde des mortels, parce qu'elles sont pas hyper jouasses de voir que ces derniers ont dégradé l'environnement pratiquement jusqu'au point de non-retour.

Je remercie sincèrement et chaleureusement ma petite sœur Lowra, qui est la personne la plus forte que je connaisse, de m'avoir inspiré un personnage dans cette histoire (et un autre dans L'elfe d'acier, en la personne d'une jeune ingénieure en génie civil française, reconvertie dans la rébellion, adepte des ponts, des routes et de la dynamite ^^). Elle est courageuse, forte tête, totalement intègre, et je n'ai pas la moindre difficulté à chaque que je pense à elle à l'imaginer en guerrière écologique vertueuse mais impitoyable.
Allez, sans plus de blabla, ce gros extrait de La guerre anthropocène.



Le temps était encore doux et agréable, dans la banlieue de Pretoria, pour un mois de mai. L'hiver austral approchait mais pour l'heure, il était encore possible de travailler à son aise. Yume en profita donc pour redoubler d'efforts, comme à son habitude. Un nouveau chargement était arrivé de bon matin et les employés de l'entrepôt n'étaient pas encore là. Fort heureusement, la jeune femme pouvait compter sur l'appui de son autre réseau, et des sollicitations qu'elle y envoyait de temps à autre.
Deux hommes se présentèrent à elle en milieu de matinée. Deux types en civil, d'apparence banale, qu'on oublierait aussitôt qu'ils auraient tourné au coin de la rue. Elle ne les avait jamais vus et ne les connaissait pas, mais une lettre manuscrite, signée, leur servit de sauf-conduit.
« Bonjour madame, on nous a envoyés à vous sur votre demande, fit l'un en guise de préambule.
 - Parfait, au travail alors », répliqua la petite blonde, austère et efficace comme à son habitude.
Les trois se mirent à la tâche d'autant plus rapidement que l'entrepôt fourmilla bientôt de monde. Le stockage et l'import-export étaient de bonnes couvertures pour qui voulait donner l'air d'avoir toujours du travail sur les bras. La principale conséquence en était, en fait, qu'on avait toujours du travail sur les bras.

Yume ne vit pas passer les trois jours suivants, mangeant rapidement à midi et ne rentrant que tard chez elle. Ses deux collaborateurs anonymes apparaissaient à elle quotidiennement, travaillant avec ardeur et même plaisantant à l'occasion. Ils avaient de la conversation et semblaient tout à fait intéressants mais, conformément aux habitudes de leur réseau, ni eux ni Yume ne partagèrent la moindre information personnelle, taisant jusqu'à leur propre nom.
Rien ne la disposa donc à un bouleversement dans sa jeune vie qui en comptait pourtant beaucoup. Et puis un matin, un appel sur son téléphone portable la mit en garde. Elle devrait bientôt agir avec plus de prudence qu'à l'accoutumée. Aussitôt sa brève conversation – avec une correspondante qu'elle ne connaissait pas – terminée, elle raccrocha, appela ses deux collègues du moment et les renvoya aussitôt. L'arrangement qu'elle avait avec ses associés était limpides, ils seraient rétribués par l'entreprise qui les avait envoyés là.
« Allez vous-en », insista la jeune femme. Ils échangèrent un regard silencieux. « Discutez pas, dégagez ! »

Ils lui souhaitèrent une bonne journée et déguerpirent sans demander leur reste. Il n'y avait qu'une raison pour laquelle Yume pouvait vouloir se séparer de deux aides aussi soudainement : pour les éloigner des autorités et ainsi assurer leur sécurité.
En effet, la police sud-africaine se présenta auprès de Yume moins d'une heure plus tard, mais les deux hommes avaient déjà disparu dans la nature. Un officier et deux agents en uniforme approchèrent la jeune femme discrètement, moins pour lui épargner la gêne de leur présence que pour prévenir une tentative de fuite ou de résistance de sa part. Les voyant arriver, elle se montra pourtant tout à fait courtoise et accepta de les suivre, non sans avoir donné ses instructions à un de ses employés.
La police semblait cependant moins assurée que ne voulait le montrer l'officier, qui ne l'avait pas menottée dans la voiture, comme elle le découvrit au commissariat. Si les autorités ne pensaient pas devoir se méfier de cette frêle jeune femme blonde, elles se cassaient les dents sur son dossier. Les deux policiers en civil qui l'interrogèrent, apprit-elle plus tard, avaient hérité un dossier nébuleux d'un collègue peu soucieux de s'en charger. Elle ne protesta donc pas lorsqu'on la soumit à un détecteur de mensonges, et s'installa aussi confortablement que possible face à ses détracteurs.

« Vous êtes bien la jeune femme connue sous le surnom de Yume ? commença un officier.
 - C'est mon nom d'usage, en effet.
 - Votre prénom ?
 - Laura.
 - D'où venez vous, Laura ? continua l'homme, visiblement résolu à ne pas céder à la jeune femme en employant le pseudonyme qu'elle avait choisi.
 - Je suis née en France et j'ai des origines roumaines, si c'est la question.
 - Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
 - De l'import-export principalement. Et de temps en temps, je suis aussi militante écologiste. »
L'autre regarda son collègue. La machine était calibrée.
« Bien, Laura, reprit le policier. On vous a vue ces derniers jours avec deux hommes qui n'ont pas l'air d'être vos employés. Qui sont-ils ?
 - Je l'ignore.
 - Vous prétendez travailler avec des gens que vous ne connaissez pas ? »
Elle haussa les épaules. « Je suis un peu dans les relations internationales et je voyage beaucoup. Si vous croyez que je peux connaître tous ceux avec qui je bosse... » L'autre lui jeta un regard désabusé. « On vous a précédemment vue, ici en Afrique du Sud, avec d'autres personnes. Certaines sont connues de nos services. On en a arrêté trois dans le cadre d'une enquête pour homicide, des gens qu'on a déjà remarqués en votre présence...
 - Vous avez une question ? coupa Yume.
 - Où étiez-vous entre le 12 et le 20 mars dernier ? »
La petite blonde prit un moment pour faire semblant de réfléchir. « ...Ah oui. J'étais pas ici cette semaine-là, j'avais poney, fit-elle d'un ton amusé.
 - Vous aviez... poney ? » soupira le policier avec lassitude. Il regarda son collègue, les deux échangèrent des regards interloqués. Puis l'autre sembla se rappeler un détail, ouvrit le dossier posé sur la table et lut aussi silencieusement que possible. « Gleeson... »
Laura lut sur ses lèvres et sourit doucement avant de se décider à les secourir, charitable et moqueuse. « Les Gleeson sont des amis à moi, qui vivent en Irlande. Pas la peine de prendre des notes, lança-t-elle à l'officier qui avait pris un stylo, vous ne ferez rien contre eux. Déjà parce que votre pouvoir ne va pas jusque là, ensuite ce sont les gens les plus charmants et les plus paisibles que je connaisse. Et puis, fit-elle avec un regard un peu menaçant, vous et moi, on sait que vous ferez rien contre eux. Je travaille souvent avec eux parce que je connais bien les animaux. Les Gleeson sont éleveurs. Des chevaux et des poneys. »
L'aiguille du détecteur de mensonge n'avait pas bougé pendant cette explication.
« Écoutez, c'est absolument n'importe quoi. On reçoit régulièrement des affaires de meurtres. Des gens, notamment des étrangers, se font traquer et chasser comme du gibier dans la brousse, et on sait que vous êtes dans le coup. Qu'est-ce que vous en dites ?
 - Que le gibier n'a pas choisi d'être traqué et chassé pour finir dans une expression verbale pourrie.
 - Des êtres humains se font assassiner et vous prétendez n'en avoir rien à faire ?
 - Je suis bien consciente du caractère sacré de la vie, répliqua Yume d'un ton mordant. Celle des humains et celle de tous les autres animaux.
 - Vous savez, on peut vous garder indéfiniment simplement parce que vous collaborez pas, menaça le policier par provocation. Vous en connaissez d'autres, des démocraties où on vous garde juste parce qu'on en a envie ?
 - Le Japon. Inutile de tenter l'intimidation, les bouffeurs de sushis ont pas réussi non plus. »
Les enquêteurs lui lancèrent un regard vide et hagard. Ils ne s'imaginaient pas qu'un petit bout de femme apparemment inoffensif prendrait le contrôle de l'interrogatoire et échapperait à leur compréhension. Le flot de questions se poursuivit, mais ils ne pensaient pas tenir quoi que ce soit contre elle.

« Elle nous fait marcher, fit l'interrogateur alors qu'ils s'étaient repliés à l'abri d'une vitre sans tain. On a une gamine qui possède, dirait-on, un entrepôt. Elle bosse pas seule. Qu'est-ce qu'on a sur la boîte avec qui elle est associée ?
 - Ils ont mis la clé sous la porte il y a six mois. Une succursale fondée par un obscur Américain, apparemment. Pas sûr qu'il ait jamais mis les pieds ici.
 - Les caisses qu'on a fouillées à son arrestation ?
 - Du cuir, des lanières, des petits clous et des mors. Peut-être qu'elle travaille vraiment avec des chevaux.
 - N'importe quoi, fit l'autre avec impatience. Elle prétend collaborer régulièrement avec des gens dont elle ne sait rien du tout. Elle connaît même pas leur nom. Il faut bien qu'elle leur fasse confiance. Qui les lui envoie ?
 - Des sociétés d'intérim et de transport, rien à signaler. Leurs employés sont inconnus au bataillon, ils doivent même pas avoir de passé judiciaire. Du travail temporaire tout ce qu'il y a de plus innocent.
 - Aucun travail n'est innocent », grogna l'autre.

Malgré tout, Yume fut relâchée dans la journée, faute d'éléments concrets. Elle retourna travailler l'air de rien, persuadée d'être suivie. Elle avait raison, mais la police n'avait plus rien à faire avec elle pour le moment. Une jeune femme l'aborda en fin d'après-midi, d'un air poli mais mystérieux. Très belle, avec des cheveux blond cendré et des yeux verts, ainsi qu'une sorte d'aura qui lui donnait un charme indéfinissable.
« Bonjour Laura. J'aimerais beaucoup te voir travailler pour moi, je suis sûr que ça te plairait.
 - On se connaît ? Vous me tutoyez parce que... ?
 - Grâce à moi, tu pourrais faire ce que tu fais dans l'ensemble de ton monde, sans restriction, exposa calmement l'inconnue.
 - Du commerce vous voulez dire ? Non merci, je m'en sors pas mal jusque là.
 - Inutile de nier, ma chère petite. Tu es fille d'Artémis, tu protèges la vie et la nature, comme il se doit. Je sais que tu massacres régulièrement des chasseurs pour défendre des animaux qui ne peuvent le faire eux-mêmes.
 - Je vois pas de quoi vous voulez parler, fit Yume en regardant aux alentours, pour savoir si la conversation était écoutée.
 - Tu crains les autorités de ce pays. Ta cause est noble et ne devrait pas souffrir le pouvoir des lois. A mes côtés, ce serait le cas, je peux te protéger.
 - Ah ça c'est gentil dites donc ! Merci bien, je fais ça toute seule.
 - Ne souhaites-tu pourtant pas abandonner ce travail épuisant, qui ne t'apporte qu'un maigre confort, pour t'abandonner à tes honorables convictions ? insista la jeune femme.
 - Bon, je suis fatiguée et j'ai pas mangé, répliqua Yume avec un soupir. Allez je rentre, venez. »
Elle se dirigea vers sa voiture, vérifiant que l'autre lui emboîtait le pas. L'inconnue passa le trajet à regarder distraitement par la fenêtre, un sourire rêveur aux lèvres. Laura lui jeta quelques regards impatients, les sourcils froncés, mais aucune réaction ne vint. Arrivée à la maison, elle ouvrit la porte, laissa entrer son invitée et se planta devant elle après avoir fermé brusquement.
« Alors ! Vous pouvez me dire ce que vous me voulez maintenant ? Je vous préviens, j'ai eu une grosse journée et je manque de patience !
 - Vas-tu tenter de m'éliminer, très chère ? Ce serait inutile.
 - Si vous me connaissez si bien, vous sauriez que je le ferais pas chez moi. Je suis plus futée que ça.
 - En effet, tu serais en pleine nature, mais au fond de toi tu sais que tu n'aurais pas l'avantage en un tel endroit. »
Autant pour se reposer que pour faire la conversation, Laura alla s'asseoir à table, et l'invitée s'installa face à elle.
« Ouais ouais ouais, c'est ça. Vous êtes qui exactement ?
 - Tu me connais sous le nom d'Artémis, protectrice des animaux et de la nature sauvage.
 - Ah mais non, on avait dit que c'était moi ! » protesta Yume un peu sur le ton d'une enfant capricieuse.
La prétendue Artémis rit doucement à cette réplique. « Admettons que vous dites la vérité, continua Laura, pourquoi je devrais vous croire ? Vous prétendez vouloir me protéger et travailler avec... putain y'a un cerf dans mon jardin ! hurla-t-elle en voyant l'animal s'avancer tranquillement.
 - Tout va bien, calme-toi mon enfant, c'est juste un ami, l'apaisa Artémis.
 - Il y a... un cerf... européen... dans mon jardin en Afrique du Sud ! cria Laura.
 - La nature est chez elle partout, elle se moque des frontières. Mais tu connais ça, je crois, grâce à ce que vous autres mortels appelez « mondialisation ». Toi et moi travaillons toutes deux partout dans le monde sans nous arrêter aux lignes d'une carte. »
Yume respira très fort à plusieurs reprises, comme pour se calmer, encore ébahie par le cervidé qui avait passé le museau par la fenêtre ouverte pour recevoir une caresse de sa protectrice.
« Vous avez soif ? proposa Laura en se levant.
 - Je prendrai un jus de fruits, merci », fit Artémis à mi-voix et d'un air distrait.
Il y avait du jus de pêche au frigo, et deux verres furent promptement remplis.
« Tu ne sembles pas très préoccupée à l'idée d'avoir rencontré une déesse, nota Artémis.
 - Pour l'instant j'envisage de l'envisager, répliqua Yume. Mettons que je vous croie, c'est quoi votre histoire ? Qu'est-ce que vous faisiez pendant tout ce temps ?
 - Les mortels se sont éloignés de nous, exposa simplement la déesse. Ils ont inventé un nouveau dieu pour nous remplacer après avoir oublié que nous leurs avions transmis tous les bienfaits de leur existence, ils se sont crus capables d'oublier notre présence et dans notre orgueil, nous avons préféré les abandonner à leur sort.
 - Oui mais, entre nous, fit Laura d'un ton de conspiratrice, vous n'avez pas vraiment offert quoi que ce soit aux humains, pas vrai ?
 - Prométhée nous a volé le feu, Cérès, la sœur de mon père, a appris à tes ancêtres à cultiver la terre et...
 - Bon d'accord, fit Yume qui n'en croyait pas un mot. Disons ça. Il y a bien d'autres créatures, non ? Les centaures, les nymphes et les autres trucs, là...
 - La plupart des centaures sont morts lors des combats contre les hommes, ceux qui restent sont âgés et découragés. Tes semblables ont d'abord perdu la capacité de voir les divinités mineures, puis nous, et enfin même nos signes, jusqu'à ce que nous disparaissions totalement.
 - Ah ouais. Dur... mais c'est quoi le rapport avec moi ?
 - Comme je te l'ai dit, je veux que tu travailles à plus grande échelle. Une guerre a commencé...
 - J'ai pas été prévenue, intervint Yume.
...et tu fais partie de ceux qui seront du bon côté. Ou peuvent l'être, continua Artémis en ignorant l'interruption.
 - Le bon côté c'est le vôtre ?
 - Tu es fille d'Artémis, amie de la nature et des animaux, chasseresse des meurtriers. C'est triste à dire, mais nous n'aurions pas dû nous absenter. Les mortels ont agi sans discernement, ils ont détruit le monde qui les nourrit et il est peut-être trop tard pour réparer les dommages. L'Homme se pavane partout en territoire conquis, fier de son phallus qui, croit-il, lui donne la toute-puissance...
 - Eh oh, j'ai un copain, gronda Yume. Un garçon charmant, que j'aime vraiment beaucoup. Un jour, je porterai ses enfants, et là je suis plutôt fan de son phallus...
 - Ton amour fait de lui un bienheureux, approuva Artémis.
 - Vous croyez pas si bien dire, rit Laura. Vous dites que vous êtes la déesse de la chasse et de la nature sauvage, pourquoi pas. ...et de la virginité, enfin en ce qui me concerne vous arrivez trop tard pour ça...
 - C'est cette passion qui te rend si forte, coupa Artémis avec autorité. Tu protèges le monde dans lequel tu veux placer des enfants et un avenir. Ce « charmant garçon » est une bonne motivation. Défends-la, renforce-la, sois ma guerrière, et ensemble nous pourrons triompher.
 - Waw. Vous parlez bien. J'ai qu'à continuer ce que je fais déjà, en fait », conclut Yume avec bon sens.

20.11.16

Les Animaux Fantastiques [SPOILERS]


Film américano-britannique de David Yates (2016) avec Eddie Redmayne, Katherine Waterson, Alison Sudol, Dan Fogler, Colin Farrell, Jean Murray, Ezra Miller.
Genre : fantasy.
Vu en VOST.

New York, 1926. Newt Scamander, zoologiste magique, arrive d'Europe dans un objectif inconnu. Il transporte avec lui des créatures fantastiques. Très vite, un Niffleur lui échappe et cause un certain chaos, attiré par tous les objets brillants et les bijoux. Il entraîne dans ses mésaventures un humain dénué de pouvoir magiques, Jacob Kowalski.
Pendant ce temps, le Congrès Magique Américain des États-Unis d'Amérique (MACUSA) piétine face aux attaques mystérieuses d'un fléau impossible à attraper, si bien que la communauté magique risque d'être révélée à tous.
Scamander est rapidement soupçonné par Porpentina Goldstein, ancienne Auror du MACUSA.


J'ai été sceptique dès que j'ai entendu parler de l'adaptation des Animaux Fantastiques au ciné parce que j'ai lu cette annexe et qu'elle se prête absolument pas à un film. C'est une petite encyclopédie d'une cinquantaine de pages sans réelle narration, sans intrigue. Cela dit, Peter Jackson a réussi à foirer totalement son adaptation du Hobbit alors que l'univers étendu du Seigneur des Anneaux offre un sérieux matériau narratif sur l'histoire d'Erebor, de l'Anneau et des royaumes (humains et nains) en Terre du Milieu.

Mais ça c'était compter sans ce pignouf de David Yates. Tenez, ça c'est son parcours au cinéma. Voilà voilà.
Le truc, je précise d'emblée que je vais spoiler comme un porc pour expliquer mon propos, si vous voulez un avis rapide allez lire l'En bref en fin d'article, c'est que ce baltringue est incapable d'être cohérent avec son propre travail dans Harry Potter 5, 6, 7 et 7.2. Et le plus hilarant, dans le genre consternant, c'est que le scénario du présent film est signé par une seule personne : J.K. Rowling elle-même, qui parvient également à multiplier des incohérences dans l'univers dont elle est la créatrice. Wiwiwi.

Bref, tout commence avec un personnage particulièrement con, Newt Scamander, qui se montre incapable de contrôler quelques bestioles, de leur balancer le moindre sort, et qui, essaie-t-on de nous faire croire, est le premier sorcier en plusieurs millénaires d'histoire magique à s'intéresser à la zoologie, confronté à des sorciers américains totalement ignorants, arrogants et stupides.
Non parce que bon, basiquement, l'univers de Harry Potter se fait fister au verre pilé et à la limaille de fer par ce film (et par sa propre autrice).
On a un personnage qui passe son temps à lire les pensées des autres, alors que J.K. Rowling a clairement expliqué dans HP6 que la légilimancie ça consiste à dominer, contrôler, influencer et lire les esprits et non pas capter les pensées au vol ni feuilleter l'esprit comme on parcourt un livre ou une bibliothèque, mais OSEF LA CONSISTANCE.

Sincèrement c'est le seul rôle de la blonde : être un love interest pour le Moldu, lire dans les pensées de tout le monde, et montrer que la magie domestique (cuisine, habillement, rangement) ça existe aussi. Enfin Molly Weasley faisait déjà ça, un peu. #LeSexisme

Le Secret Magique, rien à foutre, on passe son temps à balader un Non-Maj/Moldu partout et on livre d'énormes batailles de rue dans le plus grand calme. Les Moldus, considérés en Grande-Bretagne au mieux avec affection et au pire avec dédain sont traités ici comme des sous-merdes ignorantes, agressives et prêtes à tout pour exterminer les sorciers.
...Vingtième siècle et vous avez toujours pas trouvé un moyen de vous protéger des Moldus ?
Et en plus, leur système judiciaire ultra-rigide comprend une peine de mort qui est en fait un suicide suggéré, parce que bon, on se salit pas les mains à exécuter des gens, AUX ÉTATS-UNIS.

Donc voilà, le personnage principal est con, les autres intervenants sont tarés, et il n'y a guère que ce Moldu, Jacob, qui nous ait inspiré de la sympathie et de l'affection, à Ewolk et moi, bien qu'il ne soit pas toujours aussi drôle que le film veut le montrer. Enfin c'est toujours mieux que Scamander qui s'adonne à la parade amoureuse de l'Éruptif. Vous avez bien lu.
L'un des autres problèmes majeurs de ce film, c'est évidemment sa narration, induite par ces personnages teubés. Grosso merdo on passe à peu près une heure à suivre les aventures du zoologiste crétin et des animaux en fuite, avant que soudain, il décide de lancer un sortilège d'Attraction sur son Niffleur. ENFIN.
Non mais ce taré se fait même piquer sa baguette magique par un singe !

Toute la première partie c'est ça : un running-gag à base de "mon Niffleur pique des bijoux et j'arrive pas à l'attraper." Chiennerie.

Scamander et les bestioles, ça n'a aucun impact sur la trame principale, c'est juste quarante minutes de meublage. Parallèlement, on voit dès la première scène un meurtre, parce que lol, suivi de l'apparition de Colin Farrell (que j'avais direct repéré comme un méchant, parce que Colin Farrell, parce que personnage silencieux et mystérieux, et parce que Colin fuckin' Farrell !!), puis de l'arrivée des Mormons.
Oh attendez, pas tout de suite : Yates a d'abord recyclé ses séquences « les nouvelles de la presse » de l'Ordre du Phénix, ainsi que le thème musical principal de la série, narmol, et puis arrivent les Mormons.
Basiquement, une femme qui protège et recueille des orphelins pour mieux espionner et contrôler la société avec. Des Moldus qui veulent monter l'opinion publique contre les sorciers (comment ils savent qu'il existe des sorciers ?) et qui du coup en appellent au Cinquième Pouvoir avec un patron de presse et son fils politicien qui vise la Maison-Blanche. Ces deux-là ne servent à rien non plus, ils sont juste un prétexte à monter les Moldus contre les sorciers. Pourquoi ? Je vous le donne en mille : parce que Grindelwald.

J.K. Rowling a chié sur sa propre chronologie, championne du monde, connasse.
Graves, officiel américain joué par Colin Farrell, indique au spectateur que Scamander a été viré de Poudlard pour avoir causé la mort d'un élève avec une créature magique (« comme Hagrid », vous dites-vous avec pertinence, parce que Rowling n'est désormais plus capable que de recycler ses idées), et lui demande pourquoi Dumbledore le tient en affection.
Problème : en 1926, Dumbledore, qui doit avoir dans les 60/70 ans au moment de la Seconde Guerre Magique dans les années 90 (Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé), est au mieux un ado, au pire un enfant. Et les journaux du début nous indiquaient que Grindelwald semait la mort en Europe, sauf qu'il a le même âge que Dumby. Donc il devrait encore en être à étudier la magie à Durmstrang.

Déso pas déso ! C'est Johnny Depp qui joue Grindewald. Et il est blond, tout blond presque blanc !

Bref : les journalistes humains, le Congrès Magique Américain, le pignouf avec sa valise de bestioles, son Moldu et sa fausse-copine justicière, les Mormons, l'ombre mystérieuse qui massacre à tout-va, ça fait beaucoup d'intrigues qui donnent à ce film l'apparence d'un puzzle avec des pièces qui vont pas ensemble, ou comme le dit judicieusement Ewolk, d'un brouillon uniquement destiné à préparer les 4 films suivants.
On est d'accord que si on voit Dumbledore dans les suivants, la chronologie est définitivement fuckée ?

Après, le film a de très bonnes idées, comme celle d'intégrer des elfes de maison nombreux et bien pensés (malgré une scène qui repompe totalement Qui veut la peau de Roger Rabbit dans la partie "Jessica Rabbit chante dans un bar"), un Gobelin qui se prend pour un contrebandier/Parrain, et des créatures fantastiques totalement inconnus par ailleurs, particulièrement l'Obscurus, une force magique maléfique, sorte de réflexe d'auto-défense pour les enfants magiques encore non formés, chacun étant pour le coup appelé Obscurial (le pluriel n'est jamais mentionné).


Le problème c'est que les animaux magiques, la grande et seule qualité du film, c'est un peu de l'esbroufe visuelle qui n'apporte rien. On apprend dans ce film que Scamander a l'équivalent de tout un pays dans sa valise (alors on est d'accord que même la magie a certaines limites, pas vrai ?), dans lequel il a installé un genre de parc naturel portable, sauf que ça pose plusieurs problèmes.
Déjà, ça n'a aucun intérêt narratif, ensuite, quand il est dedans, ce pignouf ne protège pas sa valise, ce qui cause évidemment d'autres soucis si elle est, genre, apportée aux autorités. Alors que si cette tête de cul avait annoncé directement ses intentions – ramener dans son habitat naturel d'Arizona un animal sauvé de la contrebande – il aurait sûrement bénéficié de l'approbation des Américains opposés à l'élevage magique.

Honnêtement : la demiguise sert à rien. C'est juste une péripétie de plus. La moitié du film c'est du meublage !

Non mais les facilités d'écriture, on trouve que ça. Le cliché des Gentils qui s'opposent entre eux au lieu de s'unir face à une menace plus grande qu'eux et les incohérences qui arrangent bien la scénariste pour raconter une histoire qui ne tient pas.
Comment le plus grand mage noir de tout les temps (jusqu'au prochain) se fait-il capturer par cinq pignoufs américains ? Comment il a pu être arrêté par un crétin qui n'a même pas fini ses études ? Qu'est-ce qu'il foutait en Amérique alors qu'il était supposé semer la dévastation en Europe ? Pourquoi comme par hasard on tombe sur les trois seuls magiciens du début du XXème siècle qui sont disposés à balancer tout le monde magique à un Moldu, OKLM ?
Que devient la seconde Obscuriale, la gamine qui a disparu sans laisser de trace après s'être fightée en pleine rue devant les Moldus avec l'Obscurus principal (qui est son frère) ?
Et puis évidemment, sinon c'est pas drôle, le deus ex machina final qui sauve tout le monde de la mouise. « On peut quand même pas oublietter (balancer un sort d'Amnésie) toute la ville ! - Oh attendez, moi j'ai une créature dont le venin dilué permet d'effacer les souvenirs et une autre qui peut créer une averse, je mélange les deux et paf ! » ce qui nous explique pas comment on arrose New York avec 20 cl de venin. En plus comment il sait que ça efface les souvenirs ? Il l'a testé ?

#DeusExMachina

Esthétiquement, j'ai déjà parlé des animaux fantastiques qui sont la seule prouesse visuelle mais comme on l'a admis ensemble, Ewolk et moi, en 2016 un film ne peut plus se permettre de se reposer sur ses seules qualités visuelles, c'était déjà pas le cas en 2009 avec Avatar. Les décors, les lumières et la trame donnent à ce film un côté sombre et torturé que n'avaient que les derniers Harry Potter, mais avec une écriture pourrie ça sert à rien, autant retourner voir La chambre des secrets et Le prisonnier d'Azkaban.
Les costumes sont basiques, les sorciers n'ayant presque pas évolué presque pas en termes de garde-robe en l'espace d'un siècle, et vouloir donner un côté Doctor Who qui crève les yeux au personnage principal, moi je dis non.

 
Le seul personnage attachant du film, celui qui n'a pas de pouvoirs, à qui on s'identifie logiquement et qui... est apparemment dégagé de l'intrigue à la fin. Sainte merde.

La musique est d'une pauvreté affligeante : déjà, le titre est annoncé sur le thème principal de Harry Potter, ensuite tout le reste est conforme à ce qui faisait déjà l'essence de la saga.
James Newton-Howard – qui brille par ailleurs, pour vous donner une idée il a composé les BO d'Atlantide et La planète au trésor de Disney, d'à peu près tous les Shyamalan, du King Kong de Peter Jackson, du magnifiquement orchestré Peter Pan de P.J. Hogan, et d'à peu près 4 films par an depuis le milieu des années 80 – n'innove absolument pas par rapport à John Williams, qui travaillait pourtant sur les trois premiers Harry Potter uniquement. Franchement en entendant la musique des Animaux Fantastiques j'avais l'impression d'entendre John Williams.

En bref : ce film est une merde. On peut pas le définir autrement. Son écriture à chier bourrée d'incohérences, d'erreurs chronologiques, de facilités d'écriture, ses personnages stupides et peu attachants, tout concourt à le désigner comme une insultante imposture destinée à rapporter du fric à sa feignasse de scénariste. Au passage, on note que Rowling va éditer et vendre comme un livre le scénario du film, au moins aux États-Unis. Cupidité powa.
Les Animaux Fantastiques n'a pour lui que le graphisme intéressant et varié de ses animaux, qui n'ont aucune valeur scénaristique, et pour le reste se contente du moindre effort. Typiquement le genre de film à pirater pour se fendre la poire devant une bouse.

 Le problème c'est que si tu es assez con pour caster des acteurs connus pour une nouvelle licence ciné et qu'en plus tu prends un type habitué à jouer des méchants, on repère ton méchant à dix kilomètres.

16.11.16

Bordeaux, au soleil chez le Loup

Bref, au milieu du mois d'août dernier je suis allé rendre visite à mon ptit frère Kévin/Wolvesrealm (c'est le loup dans la pokéblogroll sur ta gauche), et si j'en ai toujours pas parlé depuis c'est essentiellement par flemme.
J'ai pris pas mal de photos pendant ce séjour à Bordeaux et j'avais pas le courage de les trier, de voir celles qui étaient floues/moches, de repérer les éventuels doublons, de redimensionner toutes celles que je garderais (parce que quand je prends une photo, Peter le Pentax (Optio LS465) définit une résolution de base de genre 4800 par 3500 pixels (enfin un peu plus), et moi je les réduis toujours à 1000*750 avant de les mettre en ligne), bref, ça prend du temps et j'avais la flemme.
Du coup je vous préviens, j'ai décidé de régler le problème par la simplicité : les photos ont été redimensionnées, et c'est tout. J'en ai pas supprimé une seule. Cet article sera TRÈS LONG.

Mais à un moment faut bien se sortir les doigts et j'ai en plus une échéance prochaine qui m'oblige à parler de ce séjour bordelais (en plus du fait que c'était génial et que j'ai très envie de le partager) : y'a mon amie Ewolk qui va bientôt passer trois jours et demi à Lille, donc des nouvelles photos et de nouvelles aventures à raconter. Ce qui n'a aucun sens si je raconte pas les précédentes.
Bordeaux.
Du 13 au 21 août 2016.


Déjà, il faut savoir que se déplacer en France quand on n'a ni le permis ni une bagnole ça craint. Surtout qu'entre Lille et Bordeaux, le Ouigo de la SNCF n'existe pas. C'est bien le Ouigo, c'est pas cher, mais y'a genre 12 gares concernées dans le pays (dont 3 à Paris et 2 à Lyon si j'me souviens bien), donc SNCF, ferme taggle.
Le train c'est hors de prix, du coup maggle en covoiturage à 58 euros le trajet (dont 8 euros de réservation je crois). Blablacar c'est bien mais punaise, waw. Oui oui : la SNCF c'était plus cher. 75 le trajet. YAY.
Et petite note personnelle : faites très attention quand vous prenez un covoiturage en plein été. Parce que, pour ma part, je suis tombé sur un couple qui partait en vacances et devait aller chercher leur fille à l'aéroport à Bordeaux le soir (pour la même raison) ce qui fait que le trajet a été assez expéditif. 8 heures de voiture avec une pause d'à peu près 30 minutes pour manger, maggle au soleil toute la journée, je suis arrivé à la gare Saint-Jean avec une insolation et j'étais à la ramasse pour ma première soirée chez le loup. Ô joie. Rencontre avec le Bro et nausées dans la foulée, le top.
Au retour le temps était plus clément et les chauffeurs à la fois plus jeunes, plus sympa et moins pressés, du coup ça a été top. N'empêche Lille-Bordeaux c'est pas la porte à côté, maintenant je sais x)

En plus on a pas eu des masses de bol parce qu'on est parti le matin du 13 (en voiture vers 10.30 à la gare Lille-Europe), et les gens partent souvent pour le week-end du 15 août (le lundi donc).
Le bon côté des choses c'est qu'avec Wolves on a passé deux jours à jouer à Pokémon sur 3DS dans son salon pour s'abriter de la chaleur le jour, et à se balader autour de Tabanac, son village, le soir. J'ai eu peur avant ce séjour de décéder rapidement sous les coups répétés du soleil mais il n'en a rien été, j'ai bien supporté la chaleur girondine, cool.

Le jardin du Loup depuis la terrasse. Waw. On le voit pas en entier sur la photo mais on pourrait mettre genre 4 fois mon ancien appart' dans leur jardin.

Les arbres en face de la maison, avec à leurs pieds l'allée qui mène à la maison du voisin.


Chez le Loup y'a une chatte, elle est pratiquement sauvage. On peut pas l'approcher, elle laisse pas les humains lui donner un nom, et on la voit que quand elle vient manger le soir. Elle a tout compris à comment utiliser les humains.



Toi aussi, sois chanceux et vois de la menthe pousser spontanément dans ton jardin !






Je voulais aller me capturer un Sabelette mais Wolves me l'a déconseillé T_T

C'est du poison. Pratiquement toutes les baies que j'ai vues c'était du poison. Dans le nord on a la pluie, le vent, les géants, les dragons, les mammouths et les consanguins, dans le sud ils ont les baies empoisonnées. Chacun ses fléaux !



Ces deux photos ont été prises en bas et en haut d'une pente. Outre que je sais toujours pas prendre de photo avec faible lumière, y'avait des figues dans les arbres le long de la route.

Avant même d'arriver à Bordeaux ou d'atteindre la Garonne, comment je savais qu'on avait changé de région ? L'absence de culture céréalière dans le paysage.

Baies empoisonnées, danger local, tout ça.


L'église de Tabanac, qui a la particularité de ne porter à peu près aucun symbole religieux sur son fronton.






Vu que c'est la campagne les maisons ont de grands jardins. Beaucoup de gens plantent des palmiers ou du bambou pour faire exotique. Eh, les baltringues, le bambou c'est invasif !









Tabanac compte au moins 3 châteaux si j'me souviens bien. Celui-là est possédé par un chinois, je crois.

Comment vous expliquer mon premier sentiment à l'égard de Tabanac ? J'ai eu l'impression de revenir 15 ans en arrière, en Auvergne. La campagne, douce et paisible, avec les zozieaux et les insectes qui bruissent un peu partout, de la végétation à foison, un air tiède parfois agrémenté d'une légère brise, un petit village de pierre sèche étalé sur les reliefs. Vu son nom, Tabanac est clairement d'origine gauloise, et il donne clairement l'impression d'être hors du temps, intemporel. Les collines basses couvertes de vignes, l'église, les petites rues en terre sablonneuse et les groupes de maisons qui se détachent sur l'horizon auréolé par le soleil couchant... rahlala ! ♥


De l'autre côté de la route, vision matinale quotidienne.






Non alors ça ce sont d'innocentes mûres. J'en ai pas mangé, je suis pas hyper fan. Le jus est très salissant.



Au nord, c'était les corons. Au sud c'était les vignes. Je préfère le sud.









Le village est tellement étendu, on voit le cimetière et l'église de celui d'à côté sans même en sortir. 
Et une tête de Wolves bouclé ♥



Village numéro 3. Celui-là est clairement plus urbanisé.


Ah bah oui, à la campagne les locaux des centres aérés ont déjà plus de classe.

Le meilleur endroit de Tabanac à part chez Wolves c'est le bassin plein d'eau fraîche en rentrant de balade.

Bref, ces deux premiers jours, c'était la zénitude absolue. Geeker au frais le jour, visiter le soir, et bien se reposer la nuit. D'ailleurs, le lit de la chambre d'amis chez Wolves est hyper confortable, les oreillers sont énormes et un peu mous, on s'enfonce dedans. Par contre certains matins j'en ai émergé en nage parce que j'avais parfois la sensation de dormir dans un beignet. Quelle idée de pas penser à rabattre la couette, débile de Tony.


Le troisième jour, mardi 16 août, j'ai rencontré Ragator Stilwell (c'est pas son vrai nom hein, remarque c'est classe), un ami de Wolves, qui m'a lui-même fait rencontrer deux mecs géniaux, Sire Red et Vector. En fait j'ai passé quelques heures en leur compagne pendant que Kev' allait bosser pour sa dernière journée avant longtemps (il est souvent en arrêt pour raisons de santé, mon ptit frère c'est genre Docteur House puissance omega, canne noire avec des flammes incluse).
Alors c'est simple, je m'en suis aperçu très vite : Ragator c'est le mec sympa avec les remarques parfois cyniques, Vector/Virgile c'est le grand gentil et discret qu'on entend jamais – c'est pourtant dommage, il est totalement loyal à Nintendo et sa culture vidéoludique a l'air oufissime – et Sire Red/Benjamin c'est l'écrivain cultivé qui parle beaucoup, qui a trois milliards d'idées pour son univers littéraire énorme, et qui a la classe \o/

Du coup, j'ai vu la Fnac de Bordeaux (elle ridiculise largement celle de Lille), quelques boutiques jeux vidéo et geeks sympa, et j'ai mis les pieds pour la première fois dans un Burger King, le restoburger qui met des tweets dans sa communication publique et sur ses sets de table ^^
Bon, pas grand-chose à dire de plus sur cette journée sinon que j'ai aussi rencontré la copine de Sire Red, une petite brune sympa qui a l'air aussi très cultivée niveau jeux vidéo. Raah, je veux les revoir et leur parler T_T
Ah oui, et je me suis fait alpaguer par le Street Pass de la 3DS d'Anaïs aussi. J'ai acheté ma 3DS au printemps et y'a trois grands moments où mon Street Pass a chopé plein de monde : à la MadeinAsia/YouPlay à Bruxelles en mars, aux Geek Days à Lille en mai, et à Bordeaux en août.
Comment ça, qui est Anaïs ?





La Garonne est le fleuve le plus large que j'aie vu pour l'instant. L'truc c'est que dans le nord on a pas beaucoup de fleuves, surtout des canaux. Ceci est un véritable océan d'au moins 240 mètres de large (à un moment j'ai compté mes enjambées en traversant le pont, j'avais dépassé les 480), apparemment vachement boueux, mais super impressionnant, je trouve.









Le jour suivant, mercredi – le mercredi c'est sortie – on avait prévu avec Kev et Sataerazade, une de nos amies, membre d'un de nos cercles de proches sur Twitter, de voir le dernier Star Trek, Beyond, qui sortait le jour même.
J'avais emporté mes deux dvd du reboot et d'Into Darkness à cette fin, vu que Kévin les avait pas vus : le dimanche midi et le dimanche soir, c'était chose faite, il a adoré ^^ Donc on a retrouvé Sata dans une crêperie géniale, dans le centre de Bordeaux, un peu avant le film, et Anaïs, une amie pokémaniaque de Wolves, à l'UGC.

Bon, le film était génial, je l'ai articlé dès mon retour à Lille, il est là.
Par contre je m'en veux un peu concernant Anaïs parce qu'on s'était un peu accrochés sur Twitter avant mon séjour à Bordeaux alors que Kev nous avait assuré – et on en était à peu près certains nous-mêmes – qu'en vrai on s'entendrait très bien, ce qui a été le cas ("au fait, hier on s'est pas vus mais tu m'as pécho avec ta 3DS, Kévin a reconnu ton pseudo !"). Par contre, elle est passionnée par les combats stratégiques de Pokémon (et par l'univers de ce jeu en général) et moi j'en ai rien à cirer, du coup je me suis montré un peu cassant et distant avec le samedi, avant-dernier jour, lors du tournoi Pokémon qu'elle avait organisé (et auquel participait Wolves).
Alors qu'en vrai elle est sympa, elle a beaucoup de conversation et, là encore, elle est très cultivée.

Sata par contre c'est autre chose. Je pense qu'on a sympathisé tout de suite, en tout cas c'est mon sentiment, mais on discutait déjà pas mal sur le réseau social du moineau. Je vais essayer de parler d'elle sans évoquer la distance entre le sol et le sommet de sa tête, sinon elle me défonce laggle, mais c'est dingue à quel point cette fille est impressionnante. Elle a pas plus de 20 ans, elle étudie dans le milieu de l'édition et elle a déjà trouvé où faire sa place dans le monde. Bon, pas bien grande, du coup (putain Dark tu crains (taggle Jiminy, t'as rien vu, il s'est rien passé)), mais moi au même âge je bossais en navigation pour tuer le temps en attendant d'aller à la fac pour faire de l'histoire sans vraiment savoir comment je ferais pour devenir prof.
Ouais, Sata est douée dans ce qu'elle fait, et ce qu'elle fait est vraiment sympa. Elle a une culture de malade, surtout littéraire (alors que moi c'est plutôt le ciné et les jeux vidéo), elle est super mature pour son âge et elle confirme largement l'idée qu'il ne faut pas se fier aux apparences.




Quand on est rentrés le mardi soir c'était trop bizarre. Le ciel était vachement cotonneux, c'était un peu comme si les nuages n'étaient pas dans le ciel, mais comme si quelqu'un avait mis un filtre nuageux sur un filtre de ciel.

Honnêtement, si y'a que des insectes qui s'invitaient à la maison, ça irait. Mais non.


Du coup, en cette fin de mercredi, on a repris le tram (on l'a pris à peu près tous les deux jours ^^) pour retourner à Tabanac, et on a mangé ensemble, tous les trois, sur la terrasse (ce qu'on faisait déjà avec Kev de toute façon. Ses parents en vacances dans le Pays Basque, ça laisse la maison vide *_*). Quand soudain, horreur et consternation, un oiseau a mis fin à ses jours devant nous.
On discutait tranquillement avec Sata sur la terrasse, on avait apporté les couvertes et les assiettes, Kévin allait arriver avec le plat et POUM !, ce connard emplumé vient s'écraser contre la baie vitrée, la peur de ma vie, l'angoisse à tous les étages O_O
Bref, après les émotions fortes surmontées, on a repris le cours de nos vacances, posey. Maintenant que j'y pense, on a passé pas mal de temps avec Sata alors qu'elle avait dit qu'elle devait s'occuper de son déménagement et de son école en vue de la rentrée. Elle est forte, décidément.


Je cuisine super bien le sucré, Wolves assure avec le salé. On est un peu comme un duo de super-héros de la cuisine.


Le jeudi et le vendredi je m'en souviens pas des masses, on a toujours pas fait grand-chose en dehors de se balader dans le village d'à-côté.
J'ai passé un certain temps à jouer à Kingdom Hearts et FFX sur la PS3 de Kev, notamment afin d'avancer un peu sa partie sur le premier. D'ailleurs, je m'en veux à mort parce que, comme je l'ai dit, j'en ai rien à cirer des combats stratégiques dans Pokémon. J'ai déjà abandonné cette série qui est définitivement devenue nulle et capitaliste, et je trouve navrant que les développeurs résument les interactions entre joueurs à de la baston alors qu'il y a un énorme univers à explorer et à développer.

Bref, le samedi 20 août c'était l'anniversaire de Kev et il préparait pendant la semaine une équipe en vue du tournoi qu'Anaïs organisait le même jour. Je suis là, le vendredi, à jouer à Kingdom Hearts en me faisant laminer contre un boss (Ursula chez La petite sirène, je crois bien) et en pestant contre le build de mon ptit frère qui joue beaucoup trop offensif dans un jeu où c'est suicidaire. Il me parle d'un joueur de Pokémon qui a écrasé un adversaire et je lui réponds de façon acide avant d'ajouter que je m'en tape, des combats stratégiques.

Je suis pas du genre colérique, mais je peux m'agacer facilement, et je m'en veux d'avoir crié sur lui alors qu'il m'a reçu une semaine sans rien demander, alors qu'il est tellement gentil et enthousiaste en toute chose, et que j'ai jamais vu un mec aussi totalement dénué de méchanceté ou de quoi que ce soit de négatif. Kévin a tendance à être un peu asocial, quand il est en mode Pokémon avec sa 3DS et son PC, il peut s'enfermer dans sa bulle et oublier totalement le reste du monde, le temps qui passe, l'heure du repas, Sata et moi qui discutons dans le salon, c'est un peu un grand maladroit qui sait pas toujours comment réagir par rapport aux gens, mais il déborde de bonne volonté et d'humour.
Si vous le connaissez pas, vous y perdez, Wolves est absolument adorable, naïf et énergique comme un ptit enfant ^^ mais passionné, aimant et généreux ♥

Donc le samedi, journée Pokémon, j'ai pu rencontrer une partie de l'entourage gamer de Kev, ainsi que retrouver Ben et Virgile qui jouaient à la WiiU dans leur coin (ils m'ont pulvérisé sur Super Smash Bros et Mario Kart mais j'ai pas joué au premier depuis des plombes et j'ai toujours été naze au second).
Tout le monde ne participait pas au tournoi, y'avait des temps de latence pour ceux dont les matchs étaient finis rapidement, ce qui fait que j'ai pu discuter avec plusieurs joueurs, tout en jouant moi-même à Pokémon Jaune et HeartGold sur ma 3DS (mission capture de légendaires). Certains, et notamment un gamin qui doit avoir à peine plus de dix ans, sont d'une ingéniosité qui confine au machiavélique en termes de stratégie, et je trouve ça sympa d'être aussi passionné, même si c'est dommage que ce soit pour quelque chose d'aussi réducteur que des affrontements en PvP.
Et non, quoi qu'ait pu dire Anaïs, j'aimerai jamais les combats stratégiques. Mon « non » cassant aurait mérité une réponse plus élaborée.


Le samedi soir et le dimanche matin, c'était un peu le chaos à la fin des vacances. Le truc c'est que Wolves habite donc à Tabanac, un petit village à distance de Bordeaux, et pas dans la ville même. Pour se rendre chez lui, il faut prendre un bus qui fait la tournée dans la campagne girondine. J'avais regardé et noté les horaires en vue du covoiturage que j'avais réservé le lundi 15 août (pour un retour le 21 donc).

Le samedi 20, au soir, les horaires ont changé, m'obligeant le lendemain à prendre un bus vers 7.30 pour un covoiturage vers 13. Cool, j'ai toujours rêvé de tourner en rond dans une ville inconnue et endormie le dimanche matin -_-'
Le lendemain, je me suis levé à pas d'heure pour le bus, je regarde via ma 3DS sur Transgironde, pour apprendre que le bus a été décalé vers 12h, soit trop tard pour mon covoiturage. Compagnie de bus de merde. Wolves m'apprend que finalement il ne m'accompagnera pas jusqu'à la gare Saint-Jean. Parfait, c'est pas comme si j'avais fait le trajet aller avec des migraines, une insolation, sans prêter attention à la ligne de tram et à la direction empruntés, j'aurai qu'à tâtonner au dernier moment, cool.
Là c'était la seconde et dernière fois où j'ai marqué ma colère à son égard. S'il avait voulu me laisser galérer le dimanche matin, le samedi aurait été un bon moment pour me l'annoncer, histoire que je repère l'itinéraire à l'avance, d'autant qu'il aurait certainement profité du temps libéré de ma présence pour jouer à Pokémon. C'est bon, décroche un peu, sois pas accro.
Du coup je fonce rageur à l'arrêt de bus, ignorant à quelle heure il passera mais décidé à pas le louper, Wolves décide de m'accompagner et on apprend via son smartphone (comme quoi ces machins-là servent quand même un peu) qu'un bus va arriver vers onze heures ou onze heures et demie, m'amenant à Bordeaux à temps pour le covoiturage. On rentre à la maison pour patienter, puis on mange près de la gare et je m'en vais, après avoir fait une accolade chaleureuse au jeune homme le plus parfait de la Terre, le mec que j'aime le plus au monde. Mon ptit frère ♥




N'empêche, une compagnie de bus qui change ses horaires entre le début et la fin de la semaine, puis de la veille au lendemain. Quelle bande de baltringues chez Transgironde. Même à Lille on n'a pas des crétins pareils.

En tout cas, j'ai adoré cette semaine à Bordeaux. Le temps était superbe et pas trop caniculaire, j'y ai fait de belles et intéressantes rencontres. J'ai pu retrouver la campagne, la tranquillité et un peu d'inspiration pour écrire. J'ai été confirmé dans ma conviction que tôt ou tard je me casserai de Lille pour habiter une région moins urbanisée et plus verte.
J'ai pu voir Star Trek Beyond en agréable compagnie et découvrir les trailers de Kubo et l'armure magique et de Miss Peregrine (que j'ai pas vus au ciné mais que je compte voir quand même). J'ai pas vu la Bordeaux historique autant que j'aimerais, mais Kev et moi sommes d'accord sur le fait qu'on se reverra. Il vient à Lille quand il veut, j'ai hâte \o/